Pour Courteline surtout

Le Théâtre 3 pour 1 joue la carte ludique avec "Quatre auteurs, un soir..."

 

(Jean Saint-Hilaire, Le Soleil, 28 août 2004)

"Quatre auteurs, un soir..." réunit quatre titres, c'est tout deviné. Sans plus d'apprêts qu'une poignée d'éléments amovibles de décor, le jeu vous entraîne dans quatre atmosphères de théâtre, quatre facettes de la condition humaine. L'exercise est ludique, donc pas lassant, mais en l'occurence inégal.

L'amour est égoïste, de Stéphan Dorion, ouvre la mise. C'est un récit habilement voilé. Abîmée sur une chaise, une jeune femme relate une séance d'écoute téléphonique cauchemardesque survenue huit mois plus tôt, scéance au cours de laquelle son interlocuteur aurait attenté ou mis fin à ses jours. On ne sait trop dire, car la narratrice cultive l'ambivalence. En fait, On subodore une tragédie plus intime qu'elle ne l'avoue et c'est cette indéterminiation qui fait la force de cette courte pièce défendue avec une juste intensité par Caroline Rousseau.

[...]

La pièce finale, La peur des coups (1894), est nettement la plus aboutie. Il faut dire que c'est du Courteline, auteur comique français dont l'ironie grinçante se chauffait de mysoginie et d'un mépris sans bornes des conventions et prétentions bourgeoises.

Une scène de ménage au retour d'un bal où madame a été courtisée... Le metteur en scène Steve Beaulieu prend le temps d'installer l'atmosphère, de révéler la coquette Aglaé et l'emprise cruelle qu'elle exerce sur son mari, un pleutre dont l'indignation s'arrête aux mots. À nouveau, Caroline Rousseau se rend avec une précision enviable à la malice de la rouée. [...]

Powered by Drupal - Design by Artinet